L'Allée Ombrie & La Cour Pavée
Une longue allée arborée coupe l'agitation parisienne pour révéler une cour pavée traditionnelle bordée de buissons de roses, d'arbres centenaires et de bancs de fonte propices à la méditation romantique.
Poussez la grille de l'allée ombragée de la rue Chaptal et pénétrez dans l'intimité d'une maison d'artiste préservée, véritable cœur battant du romantisme parisien sous la monarchie de Juillet.
Au début des années 1830, le peintre d'origine hollandaise Ary Scheffer (1795-1858), artiste renommé et proche de la famille royale d'Orléans, choisit d'installer sa demeure et son lieu de travail au cœur du quartier alors naissant de la Nouvelle Athènes, dans le 9e arrondissement de Paris.
Construit sous la Restauration et le début de la monarchie de Juillet, l'ensemble architectural s'organise autour d'une élégante cour pavée, bordée d'un corps de logis principal d'inspiration néoclassique italienne et de deux ateliers d'artistes distincts érigés de part et d'autre.
L'atelier Nord, baigné d'une verrière zénithale, était réservé à la pratique intime de la peinture de chevalet et de grand format, tandis que l'atelier Sud servait d'espace de réception privilégié où le maître des lieux accueillait l'élite intellectuelle et artistique de toute l'Europe.
La cour pavée et la façade historique aux volets vert amande de la rue Chaptal.
Pendant près de trois décennies, tous les vendredis soirs, l'atelier d'Ary Scheffer devient le foyer incandescent du bouillonnement romantique à Paris. Les plus brillantes figures du siècle montent les marches du perron pour débattre d'esthétique, écouter de la musique ou poser pour le peintre.
George Sand, voisine et amie intime, y séjourne fréquemment, accompagnée de Frédéric Chopin qui fait vibrer le piano Pleyel de ses nocturnes improvisés. Eugène Delacroix, confrère et admirateur réciproque, y croise le jeune virtuose Franz Liszt, la cantatrice Pauline Viardot, ou encore les écrivains Charles Dickens, Alphonse de Lamartine et Ivan Tourgueniev.
Cet entrelacement unique de la peinture, de la littérature et de la musique de chambre a façonné pour toujours l'âme impérissable de ce domaine préservé.
Intérieurs restaurés évoquant l'atmosphère des salons littéraires et musicaux du XIXe siècle.
À côté des ateliers, la serre vitrée d'époque constitue l'un des trésors architecturaux les plus singuliers et poétiques de la capitale. Construite avec de fines armatures de fer forgé et des vitrages anciens, elle servait autrefois de jardin d'hiver et d'abri pour les espèces botaniques délicates rapportées d'Orient et des provinces françaises.
Aujourd'hui, adossée au parterre de rosiers anciens, d'hortensias et de lilas, elle abrite le salon de thé de la cour. Les pavés inégaux, les treilles de glycine courant le long des façades ocre et le perron à double volée composent un tableau vivant d'une harmonie absolue.
Chaque élément architectural, de la rampe en ferronnerie fine aux corniches moulurées, témoigne de la sobriété élégante typique de l'architecture de villégiature urbaine du XIXe siècle.
La serre d'époque et sa verrière historique, havre de paix au fond du jardin.
Une longue allée arborée coupe l'agitation parisienne pour révéler une cour pavée traditionnelle bordée de buissons de roses, d'arbres centenaires et de bancs de fonte propices à la méditation romantique.
Disposés face à face, ces édifices emblématiques sont pourvus d'immenses verrières orientées au nord pour capter une lumière diffuse constante, indispensable au travail des maîtres peintres.
Structure vitrée préservée dans son intégrité, offrant une transition lumineuse entre l'atelier de sculpture et les massifs de fleurs séculaires qui parfument la cour dès l'arrivée du printemps.
Élévation de style néo-palladien sur deux niveaux, escalier extérieur en pierre de taille, salons aux boiseries fines et parquets point de Hongrie restituant l'art de vivre sous Louis-Philippe.
Ary Scheffer emménage au 16 rue Chaptal. Il fait construire les deux ateliers jumeaux entourant la cour pour accueillir ses toiles monumentales et ses réceptions artistiques.
Après la mort de Scheffer, sa fille Cornélie conserve la demeure. La famille du philosophe et écrivain Ernest Renan y perpétue la haute tradition littéraire et intellectuelle.
L'État puis la Ville de Paris prennent en charge le site pour en faire un musée public consacré au romantisme, préservant ainsi l'architecture d'origine menacée par l'urbanisation.
Rénovations d'envergure menées sous la tutelle de Paris Musées : consolidation des charpentes des ateliers, restauration fidèle des verrières de la serre et réaménagement complet des installations conclu par la réouverture solennelle le 14 février 2026.
« Si vous avez une âme romantique, ce musée est fait pour vous ! Le bâtiment est vraiment sublime dès que vous rentrez dans le musée... C'est très agréable de s'y promener car hormis les œuvres que vous voyez, il y a également l'architecture, c'est également pour moi une œuvre d'art qui se différencie de tous les autres musées de Paris. »
« Un musée assez court mais très intéressant, dédié à la vie de l'artiste romantique Ary Scheffer. Le musée vient de rouvrir ses portes le 14 Février 2026, donc les installations sont toutes neuves. Il y a un salon de thé très agréable compensé par la gratuité des expositions permanentes. »